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Ce que les réseaux (sociaux) font à la littérature

29 décembre 2009 1 commentaire

Alexandre Gefen, chercheur à l’Université de Bordeaux cite en référence l’expérience d’écriture  2.0 du Roman d’Arnaud dans son article scientifique intitulé « Ce que les réseaux font à la littérature; réseaux sociaux, microblogging et création« 

Autant vous avertir tout de suite, la lecture de cet article long de 16 pages au format pdf est ardue mais elle vaut vraiment la peine. Pour faire simple, le chercheur s’est intéressé à l’écriture, au sens littéraire du terme, sur les réseaux sociaux et en particulier sur les blogs, bouleversant, au passage quelques idées préconçues . Il affirme, entre autres, que  » bloguer serait d’abord un acte social, directement ou indirectement performatif qui, de fait, ne s’inscrit que difficilement dans les critères définitoires de la « littérature littéraire » ».

Plus loin, dans son analyse, il aborde les expériences d’écriture, notamment sur Twitter et Facebook. Voici un extrait :

On retrouvera également sur Twitter des formes variées de romans-feuilletons usant de la publication différée pour créer du suspens : Thomas Drimm de Didier van Cauwelaert ou encore Le Roman d’Arnaud, qui se veut un « roman 2.0 » en reprenant le sobriquet par lequel le web social se trouve souvent affublé et propose le dispositif suivant : trois auteurs, Gwen Catala, Christophe Sanchez et moi-même, blogueurs impénitents, auteurs convaincus que la lecture numérique va nous inciter à créer de nouvelles façons de raconter des histoires, vont se relayer pendant 40 jours et 40 nuits pour écrire un roman sur une page de fan Facebook et sur Twitter. 6 à 8 fois par jour, à des heures régulières, les statuts de la page du Roman d’Arnaud vont être mis à jour. Chaque auteur disposera de 420 caractères par statut pour faire évoluer l’histoire. Les lecteurs/fans pourront soit lire à heure fixe les mises à jour ou lire tout d’un seul trait à la fin de la journée. Ils pourront faire évoluer l’histoire en inscrivant des commentaires. Nous vous réservons d’autres surprises tout au long de cette expérience numérique. Quoi qu’on pense de l’ambition du « roman 2.0 » à modifier des pratiques de lectures pluriséculaires et à répondre à nos besoins de narration, toutes ces expérimentations, parfois proches des installations artistiques de l’artcontemporain, se distinguent par le degré d’interaction qu’elles ménagent avec leurs utilisateurs, qui peut aller d’une publication signée et contrôlée à une écriture à plusieurs voix, en passant par le dialogue avec ce que Frédéric Clément nomme ses « souffleurs » ou encore l’insertion conditionnelle du discours d’autrui après un processus de vote.

Autopsie d’un roman 2.0

22 décembre 2009 8 commentaires

L’éclosion évidente de maisons d’édition qui publieront du contenu littéraire inédit directement en format numérique devrait inspirer, pour ne pas dire inciter, les éditeurs à repenser leur façon de communiquer autour de la sortie du livre. C’est là que les choses se corsent. Comment communiquer, comment faire la promotion d’un auteur et d’une histoire directement publiés au format numérique sans passer par la case papier? Autopsie d’un roman 2.0 ou, pour être plus précis, d’une communication autour de la sortie d’un roman 2.0.

L’expérience toute récente de la publication, dans un premier temps, du Roman d’Arnaud sur Facebook sous forme de quotidienne pendant 40 jours, puis, dans un deuxième temps, sous forme d’épisode en format numérique par l’éditeur Leezam, incite à nous poser des questions sur la communication autour d’un livre numérique, qui plus est, un livre dont le ou les auteurs sont tout aussi inconnus que le contenu littéraire.

Déjà, et ce n’est pas nouveau, les éditeurs dit « traditionnels » ont toutes les difficultés du monde à promouvoir les nouveaux talents. Les médias conventionnels, grands publics, font peu de cas de la relève littéraire même s’ils essayent de nous faire croire le contraire. On se rend bien compte de leur timidité à mettre en avant des auteurs inconnus. Les journalistes sont hyper sollicités, reçoivent des tonnes de nouveautés par mois, et dans un souci de capter et de garder l’attention de leur lectorat, se contenteront de parler des valeurs sûres : les Dan Brown, Marc Lévy, Anna Galvada et autres sont assurés d’avoir la bonne couverture média à coup sûr. Déjà très sollicités par les éditeurs établis, de plus ou moins grande renommée, on peut légitimement se demander comment les journalistes vont faire pour s’intéresser à la création littéraire numérique, quand vont-ils en parler, et comment vont-ils en parler. Généralement, la communication autour du livre papier se fait a posteriori, une fois que le livre est imprimé: on rédige un communiqué de presse en essayant de trouver l’angle le plus accrocheur, on présente l’auteur, on envoie un communiqué de presse accompagné de l’ouvrage. Bien sûr, on n’a pas le choix de limiter les envois, question de coûts. Si l’éditeur n’a pas les ressources pour faire ses communications à l’interne, il va prendre les services d’une attachée de presse qui, quelques jours après, va faire une ou deux relances téléphoniques. Et les choses s’arrêtent là. Il y a les fameuses séances de dédicaces, dans un salon du livre, par exemple. Là encore, quelles sont les chances pour un jeune auteur de rivaliser, sur un même stand, avec des auteurs vedettes qui vont accaparer les foules? Elles sont très minces.

Les médias techno ne s’intéressent qu’au contenant

Le réflexe évident, pour les éditeurs « numériques », c’est de se tourner vers les médias moins conventionnels, ceux qui s’adressent en priorité à un public plus technophile, à l’image du support qu’ils utilisent pour faire la promotion de la lecture. Mais la plupart des médias techno ne s’intéressent qu’au fonctionnement d’une application de lecture pour téléphones intelligents comme le iPhone par exemple et rarement, pour ne pas dire jamais, à son contenu littéraire et encore moins à l’auteur. Et l’on voit bien que la tendance de la nouvelle génération d’éditeurs qui publient directement en numérique lorsqu’il s’agit de communiquer cherchent avant toute chose à faire valider et à faire reconnaître l’interface de leur application par rapport à l’application concurrente dans le but d’enregistrer le plus grand nombre de téléchargements et d’occuper les meilleures place dans le sacro-saint classement de l’App Store. Mais rien sur le contenu. Et il faut bien admettre que les accros de produits et d’applications techno ne sont pas automatiquement des accros de littérature.

La communication 2.0

Malgré toute l’effervescence autour du livre numérique, l’édition numérique cherche encore ses modèles: modèles pour publier (recherche de l’application de lecture parfaite), modèles pour distribuer sur un maximum de supports électroniques à partir de plateformes de téléchargement sûres, modèles pour communiquer. Cela fait beaucoup de modèles à trouver, sans oublier le fait qu’il faut rendre le tout viable économiquement.

Les concepteurs du Roman d’Arnaud ont pensé la communication en même temps qu’ils concevaient le roman, c’est peut-être là une des solutions: aller chercher le lecteur là où on a le plus de chance de le trouver, autrement dit devant un écran d’ordinateur. Les trois auteurs, expérimentés mais inconnus du public, savaient qu’ils partaient avec un sérieux handicap. Ils avaient une histoire solide entre les mains, une intrigue mélangeant le fantastique, le conte philosophique et la romance, avec en toile de fond une réflexion sur le livre et le goût de la lecture. Impliqués dans les médias sociaux, les concepteurs et auteurs du Roman d’Arnaud ont d’abord cherché à s’assurer de démarrer l’expérience de lecture numérique baptisée roman 2.0 avec un minimum de lecteurs en utilisant toutes les ressources du Web 2.0 et la philosophie des réseaux sociaux : l’échange et le partage. A coup de bandes annonces vidéo sur des sites comme Youtube, des posts relatant l’expérience sur leurs blogs respectifs relayés sur twitter, d’extraits sur le lecteur numérique Calaméo,  le Roman d’Arnaud a réussi à faire participer et à fidéliser plus de 300 fans sur Facebook. Plus de 300 fans qui ont suivi pendant 40 jours – tout en ayant la possibilité de la commenter – l’écriture du Roman d’Arnaud. Parallèlement, l’éditeur Leezam mettait la machine en marche pour que le Roman d’Arnaud soit publié sous forme d’épisodes (9 au total) payants sur iPhone avec, pour susciter la curiosité des lecteurs potentiels, le téléchargement gratuit du prologue. Enfin, à l’issue des 40 jours, le Roman d’Arnaud continue non seulement à fédérer ses fans, mais à recruter de futurs nouveaux lecteurs avec la mise en ligne d’un site Internet entièrement consacré au roman.

Est-ce que l’expérience de communication 2.0 autour du Roman d’Arnaud est le modèle par excellence, celui qui préfigure ce que sera ou ce que devrait être la communication de demain autour du livre, qu’il soit numérique ou papier? C’est un modèle qui, s’il n’est pas parfait, nous incite à réfléchir sur une nouvelle façon de faire. Il a, au moins, le mérite d’avoir été testé grandeur nature et d’avoir permis d’atteindre des résultats facilement quantifiables. Car un des autres aspects de la communication 2.0 lorsque les outils sont bien maîtrisés, c’est que l’on peut facilement mesurer les retombées de chacune des actions posées sur un blog, un site de réseau social ou encore un site Internet dédié.

Être ou ne pas être sur Facebook, là est la vraie question?

27 novembre 2009 1 commentaire

Êtes-vous un facebookien « voyeur », celui qui passe son temps à regarder dans le cour du voisin et évite de s’exposer; un facebookien « narcissique », auteur de statuts à répétition en une journée, quêteurs compulsifs de commentaires et d’amis mais qui ne s’intéressent jamais aux autres; un facebookien « tamagotchi », qui confond le mur des actualités avec un bac sable et passe son temps à afficher les résultats de tests débilisants et les meilleurs scores de jeux abrutissants ; un facebookien « bon père de famille », un facebookien « actif », « passif », « peureux », « amoureux » ?

Quel type de facebookien êtes-vous ? Qu’est-ce qui vous pousse à être sur FACEBOOK, surtout quand vous savez tout ce que vous savez ? Le mal d’amour ? La
solitude ? Un désir viscéral de communiquer avec l’autre ? La facilité ? Pour être « in » ? Être sur un réseau social ne dispense pas, sous prétexte qu’un écran d’ordinateur nous protège, de respecter des règles de savoir être. Il y a même un code de bonne conduite sur les réseaux sociaux basés sur des valeurs simples comme le partage et l’échange. Souvent, ces codes de bonne conduite sont mis à mal. De là à penser que ce que vous êtes sur Facebook n’est pas si différent de ce que vous êtes dans la vraie vie, il n’y a qu’un clic.

Indéniablement, les réseaux sociaux font partie de notre quotidien. Il n’est presque pas concevable aujourd’hui de ne pas être « ami » sur FACEBOOK avant d’être ami dans la vraie vie. Il ne serait même pas concevable d’aller prendre un verre sans avoir mis à jour son statut, attendu le commentaire adéquat avant de dire oui. FACEBOOK relègue presque le texto ou le message sur la boîte vocale pourtant efficace à une forme de communication archaïque.

Doit-on subir ou surfer sur la vague ? Refuser toute forme de progrès, c’est un peu nier que notre société évolue et elle évolue, c’est dans l’ordre logique des choses. Surfer sur la vague peut être une aventure palpitante pour s’ouvrir sur d’autres horizons, d’autres cultures qui nous ont toujours parues jusqu’ici inaccessible. Mais si l’on maîtrise bien les courants, les vents ascendants et descendants, avec une bonne boussole en main, l’Homme a la capacité de franchir toutes les vagues, de franchir bien des obstacles.

N’oublions jamais une chose, et c’est encore plus vrai avec l’explosion des réseaux
sociaux : la machine n’a pas encore pris le dessus sur l’Humain. C’est nous qui
décidons d’occuper le cyber espace et non l’inverse. Nous en faisons ce qu’il est. Il en est de même pour les réseaux sociaux.

Roman 2.0: le tension monte

Alors que le Roman d’Arnaud commence à prendre forme et que l’expérience de lecture numérique attire de plus en plus d’adeptes sur la page Facebook, une 2e vidéo circule sur le Web. Le tension monte, l’expérience prend forme

L’expérience de lecture numérique 2.0 a débuté il y a à peine quelques jours avec la mise en ligne d’une première vidéo.

Comment créer un roman 2.0

Dévouvrez les dessous du Roman d’Arnaud et partagez avec nous une nouvelle expérience de lecture numérique. Début des festivités numériques le 31 octobre 2009.

TOUT SAVOIR SUR LE ROMAN D’ARNAUD

Gwen Catala : « le numérique déchaîne le débat et les passions »

images-22Dans le cadre de notre série d’entrevues sur le thème « J’ai publié en numérique », Gwen Catala, auteur de L’indécis, un ouvrage directement édité en numérique par Pe Soft, nous parle de son expérience électronique. Avec lui, nous évoquons l’avenir de l’édition, les avantages et les inconvénients du livre électronique, les contraintes d’écriture, la relation de travail entre les auteurs et les éditeurs, l’utilisation des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter comme nouvel outil de promotion

Pouvez-vous nous présenter en quelques lignes votre parcours d’auteur et les œuvres majeures que vous avez publiées jusqu’à présent ?

La littérature et l’écriture se sont imposées à moi tardivement. Mais comme nombres de trentenaires, je suis un enfant de la télévision et du cinéma. Et c’est ce goût du visuel qui, non content de m’avoir bercé, m’a fait franchir le cap en 2005. Aussi, après m’être essayé à la communication, au marketing et même à la production de court-métrage, je me suis jeté corps et âme dans cette passionnante aventure. J’ai publié ma première nouvelle Malédiction… Le jour où je suis mort aux éditions Le Manuscrit. Puis, j’ai écrit une dizaine de courts métrages avant de me lancer dans l’écriture de mon premier roman. Lire la suite…