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Ces chroniqueurs qui « démonisent » systématiquement le livre électronique

14 février 2010 1 commentaire

Ce post fait écho à l’excellent article de Serge-André Guay, le président de la Fondation Littéraire Fleur de Lys au Québec, qui dénonce d’une certaine façon ces chroniqueurs de la presse traditionnelle qui ne peuvent parler de la numérisation du livre sans se sentir obligé de faire de la démagogie. Ces « chroniques » aux titre souvent évocateurs – « qui a peur du numérique » ou encore « le livre papier versus le livre numérique » – sont-elles vraiment constructives et alimentent-elles le débat dans le bon sens.

Serge André-Guay, président de la Fondation littéraire Fleur de Lys

Serge-André Guay, dans son post paru le 4 février, ne reproche pas à ces chroniqueurs papier de s’inquiéter de l’avenir de la lecture au sein de la population mais souligne le fait qu’il n’est peut-être pas nécessaire de « situer cette inquiétude pour la lecture dans le contexte du livre papier opposé au livre électronique ».

Systématiquement, sans doute pour rallier à eux le plus grand nombre de lecteurs, ces chroniqueurs préfèrent tomber dans un débat « sensationnaliste » et se raccrochent à des croyances, n’ont de cesse que de montrer du doigt le boulimique Google dans sa course à la numérisation, parlent de cet attachement extraordinaire au toucher du papier, à l’odeur du livre, au confort de lecture qu’est censé procurer le livre papier. La plupart du temps, ces « chroniqueurs » n’ont jamais tenu entre leurs mains un lecteur de livres électroniques. S’ils l’avaient fait, ils réviseraient sans doute leur opinion.

D’autre part, je reprocherais à ces « chroniqueurs » de ne jamais mentionner dans leur analyse le fait que les générations qui arrivent, et en particulier la génération Y, est une génération de la culture de l’écran – et je ne parle pas du bientôt dépassé écran de télévision avec des contenus qui ne visent que la génération des baby-boomers, le web télé sera la prochaine véritable révolution télévisuelle au grand dam des chaînes généralistes – autrement dit, une génération qui n’a pas du tout le même attachement que nous au papier. Que ces chroniqueurs le veuillent ou non, la numérisation du livre est belle et bien en marche. Quand l’un de ses chroniqueurs affirme – sans doute à court d’argument –  que le seul avantage du livre électronique est de lire dans le noir, je trouve ça vraiment réducteur et presque une insulte pour celles et ceux qui aiment la littérature et lire sur des lecteurs de livres électroniques.

Il me semble que ces « chroniqueurs » à la plume influente mais peu objective devraient plutôt concentrer toute leur énergie à promouvoir le goût de la lecture en règle générale dans un contexte où les gens lisent de moins en moins plutôt que de tenter de diviser et de prétendre, d’une certaine façon, qu’il n’y a qu’une seule façon d’aimer la lecture et le livre, soit uniquement sur un support papier.

Je vous recommande vivement la lecture du post de Serge-André Guay ICI

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Faut-il résister à la numérisation du livre?

26 octobre 2009 8 commentaires

Depuis quelques mois, le livre numérique fait couler beaucoup d’encre électronique. Je lis quotidiennement sur le sujet et je partage avec vous mes lectures et mes réflexions. Je traque la moindre information sur mes blogs et sites préférés susceptibles de nous éclairer un peu plus sur les enjeux de l’édition numérique et surtout son application au quotidien.

ebookCe matin je tombe sur un énième article publié sur le site en ligne du quotidien régional Var Matin avec le sempiternel même titre déjà lu et relu ailleurs  « Pour ou contre le livre électronique ». Ce genre de titre me fait bondir parce qu’une fois de plus, c’est à mes yeux un titre réducteur, un titre que n’élève pas le débat. Mais ce n’est pas tant le titre qui m’a fait réagir. C’est la réaction d’une libraire varoise qui affirme : « les amoureux du livre n’iront pas vers la version numérique, il faut résister, être vigilants ».

« Être vigilants », « résister »… y aurait-il un front de libération du livre papier en cours de création quelque part? Une milice du livre papier ? Je réponds à cette Madame, professionnelle dont la vocation est de faire en sorte que la lecture soit toujours au goût du jour que les amoureux du livre resteront des amoureux du livre qu’ils soient en papier ou numérique. Parce que les amoureux du livre ne sont pas amoureux de l’odeur de l’encre et du fameux toucher sensuel du papier – c’est une croyance et le seul argument ringard mis en avant à chaque fois – mais ils sont d’abord et avant tout amoureux de la lecture, amoureux d’une histoire, d’un style, et pourquoi pas d’un auteur. Croyez-vous que parce que demain, le livre sera numérique – inutile de résister, c’est ça qui va arriver – il n’y aura plus d’amoureux du livre ? Le plus inquiétant, c’est que plus personne ne soit amoureux de la lecture.

J’ai un grand respect pour le métier de libraire et je comprends leurs inquiétudes. Mais j’ai encore un plus grand respect pour ces libraires qui n’oublient pas que leur mission est de faire en sorte de perpétuer le goût de la lecture et surtout pour ceux qui cherchent des solutions originales pour faire cohabiter le papier et le numérique.

LIRE L’ARTICLE DE VAR-MATIN

Et vous, qu’en pensez-vous ? Qu’est-ce qui donne de la valeur à un livre ?

Facebook : l’autre guerre du feu ?

26 septembre 2009 3 commentaires

Une fois n’est pas coutume…un petit billet d’humeur au gré justement de mes humeurs numériques sur les réseaux sociaux et les amitiés électroniques.

dessinFACEBOOK fascine et déroute à la fois parce qu’il est le miroir de la grande solitude d’une société qui tente pourtant de se connecter par tous les moyens que ce soit en étant en permanence relié à Internet avec l’avènement des téléphones intelligents, en s’inscrivant massivement sur des réseaux sociaux ou des sites de rencontres et en blogguant à tour de bras sur le Web.

Ne sommes-nous pas devenus un peuple de connecteurs ? Et ce désir d’être connecté les uns aux autres n’existe-t-il pas depuis la nuit des temps

Une chose est certaine: FACEBOOK est sur toutes les lèvres de 7 à 77 ans, que l’on soit un utilisateur ou pas…et déclenche vite des débats passionnés sur le thème de l’amitié. Et en fin de compte, à travers FACEBOOK et les réactions bonnes ou mauvaises qu’il suscite, les gens revendiquent ni plus ni moins que leur droit d’exister, leur droit d’être aimé, leur droit d’être reconnu.

De plus en plus connecté donc par conséquence de moins en moins seul ? Mais alors comment se fait-il que le taux de suicide ne baisse pas et que le nombre de célibataire ne cesse d’augmenter

Je terminerai en faisant le parallèle suivant:

Quand l’homme est apparu sur terre pour survivre, il n’a pas eu d’autres choix que de se regrouper, de se rassembler en clan, en tribu pour notamment se protéger des prédateurs. Lorsqu’il a découvert le feu (cf. La Guerre du Feu du réalisateur Jean-Jacques Annaud), il est devenu de plus en plus grégaire, sa survie en dépendait.

Est-ce que FACEBOOK n’est pas, en quelque sorte ce nouveau feu (sacré) de l’homme moderne autour duquel il se retrouve par instinct de survis ?

Jean-François Gayrard

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