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Le miroir aux alouettes de l’auto-édition (numérique?)

14 février 2010 19 commentaires

L’auto-édition est à la littérature ce que Kodak a été à la photographie: à trop vouloir démocratiser un art, à trop vouloir le populariser, à trop vouloir le rendre accessible au plus grand nombre, on finit par le désacraliser, on finit par lui enlever toute son essence, toute sa raison d’être.

Depuis toujours l’auto-édition est un concept qui me hérisse le poil sur les bras. Et ça empire avec l’avènement de la numérisation du livre.  Je suis un fervent défenseur de la numérisation du livre. Pas un militant, pas un évangéliste. Non, parce que ce qui me motive avant tout, c’est d’encourager la lecture, quelque soit le support de lecture, papier ou électronique et surtout c’est d’encourager les générations futures à lire, tout en étant bien conscient que ces générations là n’auront pas du tout le même rapport avec le papier que nous connaissons. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’elles ne liront pas, bien au contraire.

Revenons à l’auto-édition. Les sites Internet pour publier un livre soi-même, généralement moyennant un prix substantiel, pullulent ces derniers temps. C’est un des avantages de la numérisation; on peut facilement télécharger son manuscrit et le mettre en vente sur une plate-forme. Et là, ça y est, je suis auto-proclamé auteur! Génial. Un mois, deux mois, trois mois passent et je me rends compte que je n’ai vendu qu’une petite dizaine d’exemplaires, avec un peu de chance. Bienvenu, dans le monde merveilleux de l’auto-édition; un beau miroir aux alouettes, ni plus ni moins.

Citez-moi un auteur célèbre contemporain qui a connu un vrai succès d’édition grâce à l’auto-édition? Citez-en moi juste un seul?

Comme me l’expliquait un ami éditeur tout récemment, « ce n’est pas parce que je fais du jogging tous les matins que je suis assuré de gagner le marathon« . Ce n’est pas parce que j’aime le vin qu’il faut absolument que j’achète un vignoble demain, ce n’est parce que je suis un passionné de cinéma que demain, je serai réalisateur, ce n’est pas parce que je suis un amateur de bonne bouffe que demain j’ouvrirai un restaurant gastronomique.

Ce n’est pas parce que j’écris que je serai forcément demain un auteur ou un écrivain. Bien des auteurs, qui se sont auto-proclamés eux-mêmes auteurs, ne comprennent pas pourquoi les maisons d’édition refusent leur manuscrit. Frustrés et surtout convaincus que leur manuscrit est le meilleur au monde – et c’est peut-être le cas – ils se tournent vers l’auto-édition ou de la pseudo auto-édition.  Mais ce n’est pas parce qu’un manuscrit est auto-édité qu’il est forcément diffusé puis lu. Parce que finalement qui décide, en bout de ligne, qu’on est auteur ou qu’on ne l’est pas: c’est le lecteur, celui qui achète ou pas votre livre. Et qui est le plus structuré, le plus organisé, qui possède le savoir-faire pour donner toutes les chances à un manuscrit qu’il soit numérique ou papier de trouver son lectorat? L’éditeur et sa maison d’édition, quelque soit la taille de celle-ci.

L’auto-édition est un miroir aux alouettes, le polaroid de la littérature, le Prozac de l’auteur déprimé de ne pas être publié. Tout le travail éditorial que fait une maison d’édition est précieux et indispensable, sans oublier tout le marketing de mise en marché et la promotion qu’elle va déployer pour donner une chance à un auteur d’être connu.

Pour conclure, je reprendrais les propos de Eric Simard, responsable de la promotion aux Editions Septentrion, parus sur son  blog: « de nos jours, beaucoup de gens écrivent et rêvent d’être publiés. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi (il y a pire motivation dans la vie), mais très peu y arriveront. Je ne crois pas ce que ce soit dramatique. Combien ont rêvé d’être astronautes et combien y sont parvenus? »

Rappel: si vous aimez la lecture numérique, découvrez LesTraceursdeTout.com, le premier blog de critiques littéraires de livres numériques au contenu inédit

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L’important dans le livre, c’est l’histoire !

47% des sondés pensent que ce qui donne de la valeur à un livre, c’est l’histoire qu’il contient contre seulement 13% qui pensent que c’est le fait qu’il soit imprimé sur du papier.

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Dessin par Aldus

En réaction aux propos d’une libraire qui affirmait que « les amoureux du livre n’irait pas vers la version numérique », je réagissais vivement la semaine dernière dans un de mes posts sur ce type de discours négatifs qui consistent systématiquement à opposer le livre papier au livre électronique.

Je vous posais alors tout simplement la question, dans le cadre d’un sondage « maison », « qu’est-ce qui donne de la valeur à un livre ». Je publie, ci-dessous une nouvelle fois ce sondage. Vos réponses ont quelque chose de rassurant et ne font que confirmer ce que je tente de démontrer depuis quelques temps sur ce blog, à savoir, que le plus important à mon avis, est que les professionnels de l’édition incluant les auteurs doivent garder en tête qu’ils ont tout intérêt à ce que le papier et le numérique cohabitent intelligemment. Je reste également convaincu que les amoureux du livre ne sont pas forcément attachés au support, comme certains ayattolahs du papier voudraient nous le faire croire, mais bien à la lecture. Et nous avons tous intérêt à ce que ce goût de lecture perdure le plus longtemps possible.

Les résultats de ce sondage maison sont éloquents:  47% des sondés ont répondu que ce qui donne de la valeur à un livre, c’est l’histoire; 33 % l’écriture et seulement 13% considèrent que le fait qu’il soit imprimé sur du papier lui donne de la valeur. A noter que, selon 7% de nos sondés, ce n’est pas l’auteur qui donne de la valeur à un livre et encore moins la maison d’édition.

Je persiste et signe en affirmant, à mon tour, n’en déplaise à notre amie libraire dont la vocation est je crois de donner le goût de lire à ses clients avant toute chose et de respecter leur façon de lire mais je peux me tromper, que l’on est d’abord et avant tout un amoureux de la lecture. Et que, par conséquent, les amoureux de la lecture continueront de lire, quelque que soit les supports de lecture qui seront à leur disposition. Concentrons plutôt le débat sur ceux qui n’ont jamais eu ou qui ont perdu ce goût de la lecture bien avant que la révolution du numérique ne fasse son entrée dans le merveilleux petit monde parfois nombriliste de l’édition. Creusons-nous la tête pour trouver de nouvelles façons d’écrire des histoires pour les intéresser, enfin, à la lecture. Et si le numérique doit y contribuer parce qu’il propose des alternatives intéressante, alors pourquoi pas ?

Premières assises internationales du livre électronique

10 septembre 2009 3 commentaires

Image 2À l’heure où certains États américains prennent la décision de délaisser les manuels scolaires au profit des livres et du papier électroniques, l’Université du Québec à Montréal accueillera, les 30 septembre et 1er octobre, le premier salon professionnel au Canada à explorer la question de cette transition dans le secteur de l’édition comme dans celui de la presse, de l’affichage ou du cellulaire/portable et des médias, en compagnie de spécialistes universitaires et de professionnels. L’événement, qui aura lieu au foyer de la salle Marie-Gérin-Lajoie du pavillon Judith-Jasmin (J-M400), 405, rue Sainte-Catherine Est, est organisé par la société EPC@partners, dont le fondateur, Éric Le Ray, est chercheur associé au Laboratoire de communautique appliquée de l’UQAM.

Ce salon professionnel sera présenté sous forme de kiosques, de tables rondes et de conférences individuelles. Les organisations ou sociétés qui souhaitent devenir partenaires de l’événement peuvent le faire. Un grand nombre de partenaires sont déjà inscrits au salon où ils présenteront leurs produits ou leurs services et rencontreront les visiteurs. La révolution de la numérisation, des supports interactifs, du papier et du livre électronique sera mise à la portée des participants.

Voici quelques-uns des partenaires déjà impliqués : la Chaire en droit de la sécurité et des affaires électroniques de l’Université de Montréal, la Chaire UNESCO-BELL en communication et développement international à l’UQAM, la Corporation des bibliothécaires du Québec, De Marque, l’ANEL, Druide, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, la Fondation Paul Gérin-Lajoie, Les Presses de l’Université du Québec, les PUM et les PUL, Lien multimédia, Rue Frontenac (CSN), Telbec, Transmédia-Transcontinental, Xerox.

Archambault montrera son nouveau site internet JeLis.ca qui apparaît déjà, au moment de son lancement, comme le principal site Internet francophone d’Amérique du Nord avec ses 20 000 titres en ligne, et 50 000 prévus pour la fin de l’année. Sony présentera ses nouveaux lecteurs PRS 300 et PRS 600, Bookeen fera connaître son lecteur Opus alors que Nemoptic parlera de son prochain lecteur Sylen à cristaux liquides.

Prix remis pendant le salon
À l’occasion du salon, pour encourager l’innovation, seront remis, suite à un sondage parmi les visiteurs, trois prix de l’innovation :

  • un prix du meilleur lecteur électronique intelligent;
  • un prix du meilleur logiciel;
  • un prix de la société qui offre la meilleure solution numérique intelligente pour l’industrie de la presse, de l’édition et des médias.

POUR CONSULTER LE PROGRAMME

ebook : les éditeurs ont-ils de bonnes raisons de trembler ?

Le New York Times a déjà recruté 25000 abonnés avec le lecteur Kindle 2 d'Amazon

Le New York Times a déjà recruté 25000 abonnés avec le lecteur Kindle 2 d'Amazon

Le 1er septembre dernier, une des journalistes vedettes de la radio de Radio-Canada, à Montréal, Christiane Charette a consacré une émission entière sur le livre électronique en présence, entre autres, d’un des plus célèbres écrivains québécois, Michel Tremblay et de Bruno Guglieilminetti. Les deux invités sont venus sur le plateau avec leur lecteur de livre électronique respectif et ont échangé pendant une bonne dizaine de minutes sur la question.

ÉCOUTER L’ÉMISSION

Suite à cette émission dont je vous laisse le soin d’apprécier par vous-même la pertinence des propos des intervenants qui sont malgré tout restés très en surface sur le sujet – parfois on a quand même le sentiment d’être devant des gamins qui viennent de découvrir de nouveaux jouets – le journaliste Mazz a réagi sur son blog avec plus de maturité et surtout sans mâcher ses mots.

« L’industrie du livre va vivre dans les quelques prochaines années une révolution aussi importante que ne le fut l’invention de Gutenberg » écrit-il. Il ajoute « Je comprend pourquoi les éditeurs tremblent! On ne parle pas d’un petit changement, mais d’une désintermédiation de la chaîne de valeur de l’industrie de la publication« .

LIRE L’ARTICLE AU COMPLET DE MAZZ

Les éditeurs devraient prendre davantage de risques

10 août 2009 2 commentaires

Cathie

Après avoir essuyé plusieurs refus auprès d’éditeurs « traditionnels », Cathie Fidler, auteur de Un rêve de table rouge, a eu plus de chance auprès d’un éditeur de livres numériques. Elle nous raconte dans le cadre de notre série « J’ai publié en numérique » son expérience et nous livre quelques unes de ses réflexions sur l’édition électronique et son application au quotidien.

Pouvez-vous nous présenter en quelques lignes votre parcours d’auteur et les œuvres majeures que vous avez publiées jusqu’à présent ?

J’ai commencé à écrire tardivement, en tout cas en français, car mes premiers essais se sont faits en anglais. Je n’ai donc pas de « parcours » d’auteur, j’ai commencé à près de soixante ans avec un récit à deux voix que j’ai naïvement envoyé à de nombreux éditeurs ‘traditionnels’, pour recevoir la lettre de refus tout aussi traditionnelle à chaque fois. Naturellement cela ne m’a pas fait très plaisir, mais j’ai continué à écrire…

J’aimerais que l’on parle de votre première expérience en tant qu’auteur qui a été directement publié au format numérique . D’abord, quelle est l’œuvre que vous avez publiée et pour quelle maison d’édition

images-20 Lire la suite…

Gwen Catala : « le numérique déchaîne le débat et les passions »

images-22Dans le cadre de notre série d’entrevues sur le thème « J’ai publié en numérique », Gwen Catala, auteur de L’indécis, un ouvrage directement édité en numérique par Pe Soft, nous parle de son expérience électronique. Avec lui, nous évoquons l’avenir de l’édition, les avantages et les inconvénients du livre électronique, les contraintes d’écriture, la relation de travail entre les auteurs et les éditeurs, l’utilisation des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter comme nouvel outil de promotion

Pouvez-vous nous présenter en quelques lignes votre parcours d’auteur et les œuvres majeures que vous avez publiées jusqu’à présent ?

La littérature et l’écriture se sont imposées à moi tardivement. Mais comme nombres de trentenaires, je suis un enfant de la télévision et du cinéma. Et c’est ce goût du visuel qui, non content de m’avoir bercé, m’a fait franchir le cap en 2005. Aussi, après m’être essayé à la communication, au marketing et même à la production de court-métrage, je me suis jeté corps et âme dans cette passionnante aventure. J’ai publié ma première nouvelle Malédiction… Le jour où je suis mort aux éditions Le Manuscrit. Puis, j’ai écrit une dizaine de courts métrages avant de me lancer dans l’écriture de mon premier roman. Lire la suite…

« J’ai publié en numérique » : le témoignage de Katy Gawelik

2 août 2009 1 commentaire

images-21Docteur en droit, auteur de travaux universitaires, Katy Gawelik a publié de nombreux ouvrages inédits directement en numérique. Auteur spécialisé dans les livres de développement personnel, elle nous explique pourquoi elle a choisi l’édition électronique.


J’ai déjà publié de nombreux livres au format numérique (dont 3 Aliments Pour Garder La Forme Et La Ligne, Pas Une Minute à Perdre Pour Bien Dormir, La Carotte, la Tomate et leurs Amis
Vous aiment et Vous le prouvent tous les jours, Soyez Le Pilote de Votre Vie, Soyez Payé Pour Consommer Et Vous Amuser, Les Seuls Vrais Moyens De Vous constituer Un Réseau De Relations Efficace, Mes Astuces pour Combattre le Mal-être, Battez-vous contre Vos Peurs, etc). Je suis d’ailleurs essentiellement publiée par l’éditeur d’ebooks Katisa Editions

J’avoue qu’au début, c’était pour une question de coût. Démarrant juste ma carrière d’auteur spécialisée dans le développement personnel, le bien-être et l’écologie, je me suis vite rendue compte que ce mode d’édition était moins coûteux et plus accessible que l’édition papier traditionnelle. Mais, au fil du temps, j’ai vite constaté que le « moindre coût » n’était pas le premier intérêt de l’édition numérique. En effet, au fur et à mesure de mes publications, j’ai remarqué que mes ebooks étaient facilement accessibles (à condition d’en faire la promotion) et qu’ils touchaient un grand nombre de personnes, divers et varié, français ou étranger. C’est plaisant de voir que l’on peut être lu à l’autre bout du monde. Or, je ne suis pas persuadée qu’en édition traditionnelle (à condition d’être éditée !), j’aurai obtenu les mêmes résultats.

D’ailleurs, je suis persuadée que l’édition numérique va continuer à se développer, d’autant plus que sont mis sur le marché des e-readers, des appareils qui permettent de lire de façon plus confortable les ebooks, et qui donnent l’impression aux lecteurs, nostalgiques du livre traditionnel, de lire un livre papier.