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Faut-il résister à la numérisation du livre?

Depuis quelques mois, le livre numérique fait couler beaucoup d’encre électronique. Je lis quotidiennement sur le sujet et je partage avec vous mes lectures et mes réflexions. Je traque la moindre information sur mes blogs et sites préférés susceptibles de nous éclairer un peu plus sur les enjeux de l’édition numérique et surtout son application au quotidien.

ebookCe matin je tombe sur un énième article publié sur le site en ligne du quotidien régional Var Matin avec le sempiternel même titre déjà lu et relu ailleurs  « Pour ou contre le livre électronique ». Ce genre de titre me fait bondir parce qu’une fois de plus, c’est à mes yeux un titre réducteur, un titre que n’élève pas le débat. Mais ce n’est pas tant le titre qui m’a fait réagir. C’est la réaction d’une libraire varoise qui affirme : « les amoureux du livre n’iront pas vers la version numérique, il faut résister, être vigilants ».

« Être vigilants », « résister »… y aurait-il un front de libération du livre papier en cours de création quelque part? Une milice du livre papier ? Je réponds à cette Madame, professionnelle dont la vocation est de faire en sorte que la lecture soit toujours au goût du jour que les amoureux du livre resteront des amoureux du livre qu’ils soient en papier ou numérique. Parce que les amoureux du livre ne sont pas amoureux de l’odeur de l’encre et du fameux toucher sensuel du papier – c’est une croyance et le seul argument ringard mis en avant à chaque fois – mais ils sont d’abord et avant tout amoureux de la lecture, amoureux d’une histoire, d’un style, et pourquoi pas d’un auteur. Croyez-vous que parce que demain, le livre sera numérique – inutile de résister, c’est ça qui va arriver – il n’y aura plus d’amoureux du livre ? Le plus inquiétant, c’est que plus personne ne soit amoureux de la lecture.

J’ai un grand respect pour le métier de libraire et je comprends leurs inquiétudes. Mais j’ai encore un plus grand respect pour ces libraires qui n’oublient pas que leur mission est de faire en sorte de perpétuer le goût de la lecture et surtout pour ceux qui cherchent des solutions originales pour faire cohabiter le papier et le numérique.

LIRE L’ARTICLE DE VAR-MATIN

Et vous, qu’en pensez-vous ? Qu’est-ce qui donne de la valeur à un livre ?

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  1. 26 octobre 2009 à 12:09

    Bien d’accord avec vous, d’ailleurs je le développe dans mon rapport, en ligne sur mon blog http://amontour.net et bientôt sur le site du Motif.

    • numerikbook
      26 octobre 2009 à 12:17

      Merci, j’ai effectivement eu l’occasion de lire votre rapport ce week-end; une lecture passionnante

  2. 26 octobre 2009 à 1:10

    Oui, merci à Constance, j’au également lu son rapport abondamment buzzé sur le net.

    Merci à toi Jean-François. A l’occasion d’une petite conférence samedi soir, j’ai eu un mal fou à me dépétrer de ces ayatollahs qui n’en peuvent plus de débiter toutjours les mêmes arguments dépassés.

    Combat d’arrière-garde et comme toi, je contre-argumente du genre, qu’importe le flacon…

    Mais faut se battre et nous nous battrons non pas pour
    – éradiquer le livre objet, nous l’aimons tous ;
    – non pas pour militer pour le livrel ;
    – mais pour favoriser la lecture et l’écriture.

    De jeunes talents si emploient avec énergie, sachons les encourager, encourageons les Gwen Català, les Samir Bouhadjihad et tant d’autres.

    La lecture n’est pas réservée à une élite, à une caste.

    De par le monde il y a tant d’hommes et de femmes qui n’ont pas, analphabètes, la possibilité d’en bénéficier.

    Soyons des évangélistes de la lecture. Humblement.

    • numerikbook
      26 octobre 2009 à 1:12

      tu m’enlèves les mots de la bouche ou plutôt tu m’enlèves les touches de mon clavier…tu vois, on s’adapte

  3. 26 octobre 2009 à 1:52

    bof c’est pas pire que la blonde mazda…

    qu’importe qui le dit, faisons-le et…
    nous le faisons, nous le savons ; 🙂

  4. Marlène LEROY
    28 octobre 2009 à 4:45

    Il n’y a pas à résister à quoi que ce soit,
    Je pense même que la numérisation va amener certains accros du net à lire. La numérisation peut donner l’envie de lire !
    Pour ce qui est des amoureux du livre papier, il le resteront sans doute, ceux par exemple qui aiment collectionner leurs lectures. Pour ma part, je lis et ensuite je vends au service « occase » d’une bibliothèque dont je tairais le nom et je rachette au service occase. Il va de soi que je garde certains livres que j’ai particulièrement aimés. Ceci étant l’un n’empêche pas l’autre….

  5. Michel Danzo
    28 décembre 2009 à 11:25

    Je cite : « Parce que les amoureux du livre ne sont pas amoureux de l’odeur de l’encre et du fameux toucher sensuel du papier – c’est une croyance et le seul argument ringard mis en avant à chaque fois – mais ils sont d’abord et avant tout amoureux de la lecture, amoureux d’une histoire, d’un style, et pourquoi pas d’un auteur. »

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ça. Je ne pense pas que les amoureux du livre soit avant tout amoureux de la lecture, d’une histoire, d’un style, d’un auteur. Là aussi ça me semble un peu réducteur.
    Si j’avais à définir ce que j’aime là-dedans je dirais avant tout que ce qui m’intéresse au-delà de l’histoire, du style et du ou des supports de diffusion choisis, ce sont les idées et l’expression d’une certaine pensée. La lecture ce n’est qu’un moyen comme un autre de transmission de cette pensée et au-delà de cela, ça ne représente rien. Ces idées on peut les écrire, les déclamer, les enregistrer, sur tous types de supports qu’ils soient numériques ou imprimés ou même gueulés. Ces idées qu’elles soient lues ou téléchargées ou écoutées n’importe guère. L’important, et au-delà même de l’acte de lire, c’est qu’elles soient transmises.
    Il me semble qu’en ce sens le débat pourrait prendre une dimension supplémentaire. Il ne s’agit pas d’opposer un moyen de transmission à un autre – dans le fond, à moins d’avoir des intérêts commerciaux dans l’affaire, on s’en fout de tout ça – et il me semble qu’on se fourvoit à débattre ces questions en ces termes.
    On parle de révolution numérique mais faut pas se leurrer de révolution il n’y en a pas… au mieux elle n’est que commerciale cette soit disant révolution.
    Aujourd’hui nous disposons d’une nouvelle forme de diffusion des idées et des pensées, je considère plutôt ça comme une bonne nouvelle. Le livre papier et le livre numérique ne sont pas des ennemis, ils sont partenaires et ils servent un même but, diffuser les idées et la pensée de leurs auteurs.
    Aujourd’hui l’artiste-auteur a à disposition un nouvel outil formel, il aurait tort de s’en priver.
    Il n’y a que ceux qui ont un intérêt financier dans l’affaire qui essaient, en une tentative désespérée, de sauver leur chiffre d’affaire en brandissant de pseudos arguments moralisateurs.
    Mais celui qui reçoit ces idées il s’en fout.
    Si demain on nous annonçait que le tome 8 d’Harry Potter sortait en version numérique en avant première, tous les fans s’empresseraient de le télécharger et si 15 jours après on nous sortait la version papier, ce serait probablement les mêmes qui se précipiteraient pour les acheter.
    Mais ce n’est pas, me semble-t-il, la lecture et l’acte de lire qui est et doit être au centre du débat, mais bien la transmission des idées et de la pensée d’un auteur.
    L’important ce n’est pas de lire mais bien de recevoir le message d’un artiste au travers de son oeuvre, qu’importe la forme de cette oeuvre, seul compte le fond et la pertinence d’un discours et la fulgurance d’une idée et la cohérence d’un univers…
    La vraie révolution en ce sens, serait que les artistes-auteurs puissent directement transmettre leurs idées par télépathie, directement avec leur public.
    Là pour le coup, y’aurait de quoi se poser des questions.
    Mais pour l’heure de révolution je n’en vois guère !

    Ah si, va peut-être juste falloir partager le magot en plus de parts… Aïe, ouille, ouille… C’est sûr, personne n’aime partager ! C’est sûrement là où ça coince, non ?

  6. Michel Danzo
    28 décembre 2009 à 11:33

    Ah oui, et pour répondre à la question : « Qu’est-ce qui donne de la valeur à un livre ? »
    Je dirais donc : « la pensée, les idées et le projet de l’artiste-auteur. »

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